mardi 30 décembre 2008

bach


Jean-Sébastien BACH
(1685-1750)



Organiste et compositeur allemand de l'époque baroque, maître dans l'art du contrepoint et du choral, l'un des plus grands génies et compositeurs les plus prolifiques de l'histoire de la musique occidentale.

Vie

Johann Sebastian Bach est né le 21 mars 1685, à Eisenach, petite ville de Thuringe, d'un père musicien, Johann Ambrosius Bach (1645-1695). Celui-ci lui enseigna, dès son plus jeune âge, les instruments à corde et son oncle Johann Cristoph Bach, alors compositeur et organiste de la ville d'Eisenach, lui apprit l'orgue. Jean-Sébastien Bach fit aussi partie du chœur de la ville. Orphelin à l'âge de neuf ans, il fut élevé par son frère aîné, Johann Christoph, organiste à Ohrdruf, qui lui enseigna le clavecin et la composition, et devint choriste de la ville. En 1700, il entra à la maîtrise de Saint-Michel de Lunebourg où il reçut une éducation solide et travailla la composition avec l'organiste Georg Böhm (1661-1733). Il subit également l'influence des musiciens français et notamment de l'organiste et claveciniste virtuose Louis Marchand (1669-1732) auteur de superbes Pièces de clavecin (1702-1703) et de Couperin le Grand alors qu'il fréquentait la cour de Celle, proche de Lunebourg. En 1703, à l'âge de dix-huit ans, il est engagé pour occuper l'orgue vacant d'Arnstadt où il composa sa première cantate (1704). Il demanda un congé pour aller étudier avec Dietrich Buxtehude, célèbre organiste et compositeur allemand d'origine danoise, qui était alors à Lübeck et dont la musique d'orgue eut une influence puissante sur celle de Bach. À son retour, il perdit sa tribune à Arnstadt et s'installa alors à Mühlhausen comme organiste de l'église Saint-Blaise (1707). Il se maria alors avec sa cousine Maria Barbara Bach (1684-1720), dont il eut sept enfants.
Jean-Sébastien Bach quitta Mühlhausen pour exercer à la cour du duc de Weimar la fonction d'organiste, de violon solo et de compositeur (1708-1717). Il composa alors de nombreuses œuvres pour orgue, Toccata en ré mineur, en ré majeur (1709), Alla breve en ré mineur (1709), Grande passacaille en ut mineur (1716), mais aussi des pièces et des concertos pour clavecin. Suite à des tensions avec le duc Wilhelm Ernst, Bach quitta la cour de Weimar pour celle du prince Léopold d'Anhalt-Köthen (1717-1723). De véritables liens d'amitié s'établirent entre le prince Léopold et Bach qui se trouvait alors dans d'excellentes conditions matérielles pour composer. De cette période datent ses Suites anglaises (1724-1725), ses Suites françaises (1722) ; des Partitas (1726-1731), des ouvertures pour orchestres, les Six Concertos brandebourgeois (1721) et son premier livre du Clavier bien tempéré (1722).
En 1721, un an après la mort de sa femme Maria Barbara, Bach se remaria avec la fille d'un trompettiste, Anna Magdalena Wilcken (1701-1760), elle-même chanteuse à la Cour et dont il eut treize enfants. En 1723, il quitta la cour de Köthen, vraisemblablement parce qu'il n'y avait qu'un rôle de compositeur profane et, en tant que luthérien, désirait composer de la musique d'église. Il obtint la fonction de cantor à l'église Saint-Thomas de Leipzig, mais fut soumis à l'autorité du Conseil de la Ville, qui l'obligea à fournir des œuvres pour les quatre églises de la ville, chaque semaine et lors de chaque fête. De plus, il ne put se soustraire à l'interprétation de ses compositions par des élèves de la Thomasschule et un orchestre médiocres. Il écrivit alors près de 300 cantates, dont 200 seulement nous sont parvenues. C'est à cette période que Bach composa ses plus beaux chefs-d'œuvre, ses Passions selon saint Jean (1722) et selon saint Matthieu (1729), des Motets (1723-1734), la Messe en si mineur (1733), l'Oratorio de Noël, constitué de six cantates (1734), 21 Chorals (1739), son second livre du Clavier bien tempéré (1740-1744). Il composa aussi les Variations Goldberg (1742), les Variations canoniques (1747), l'Offrande musicale (1747) et l'Art de la fugue (1746-1749).
En 1747, il se rendit en compagnie de son fils Wilhelm Friedemann (1710-1784) à la cour de Prusse pour y voir son second fils Carl Philipp Emanuel Bach, claveciniste depuis 1738. Il donna des concerts devant Frédéric II, dont il reçut les éloges pour ses improvisations.
Pendant la dernière année de sa vie, Bach souffrit de troubles oculaires et mourut le 28 juillet 1750, après avoir subi sans succès une opération.

Grammaire de Bach

L'œuvre de Bach s'inspire de traditions musicales d'Allemagne du Nord et du Sud, de France et d'Italie et en restitue une formidable synthèse.
Bach fut essentiellement un autodidacte de la composition. Sa principale méthode d'apprentissage fut, comme c'était l'usage à son époque, de copier sur ses cahiers, la musique de différents compositeurs. Ainsi, Bach recopia-t-il intégralement l'œuvre du compositeur français Nicolas de Grigny (1672-1703) et transcrivit Couperin. Il puisa dans la tradition de l'Allemagne du Nord, grâce à l'enseignement qu'il reçut de Georg Böhm, à Lunebourg, et de Buxthude à Lübeck. Bach subit aussi l'influence des compositeurs de l'Allemagne du Sud par le biais de l'enseignement de son frère aîné Johann Christoph qui était un élève de Johann Pachelbel. Enfin, Bach transcrivit pour le clavecin ou l'orgue les concertos de Vivaldi et du compositeur italien Benedetto Marcello (1686-1739). Il poursuivit cet exercice sa vie durant et réalisa souvent des arrangements d'œuvres composées par d'autres compositeurs. Il utilisait ainsi toutes les ressources du langage musical disponible à l'époque baroque et pouvait combiner les motifs rythmiques des danses françaises, la grâce des mélodies italiennes et la complexité du contrepoint allemand dans une même composition.
Le contrepoint constitue la base de la grammaire musicale de Bach. Une mélodie implique pour Bach un ensemble de mélodies indépendantes ou complémentaires. En imaginant des lignes mélodiques intriquées, Bach pouvait exprimer la texture complexe d'une fugue à plusieurs voix avec un instrument à mélodie unique, comme le violon ou le violoncelle. Dans chacune de ses œuvres, il établit un ensemble de combinaisons contrapuntiques qui caractérisent son style, parfaitement illustré avec l'Art de la fugue (1749). Ainsi, Bach développait un thème en l'associant à un autre, créant ainsi une union ou une opposition d'où résulte un troisième thème.
Bach s'attachait à donner une transcription musicale symbolique à chaque idée ou image d'un texte religieux, en infléchissant la mélodie ou l'harmonie. Ainsi, chaque mot devait avoir son sens retranscrit musicalement. La musique est dès lors intimement liée au texte, l'ennoblissant admirablement grâce à son expressivité et son intensité spirituelle.

Chorals, cantates et passions

Bach exprima à travers toutes ses compositions sa foi luthérienne, ce qui fit écrire à l'un de ses élèves, Gottlieb Ziegler : « Pour le jeu du choral, mon professeur, le maître de chapelle Bach, me l'enseigna de telle sorte que je ne joue pas les chorals simplement tels quels, mais d'après le sentiment indiqué par les paroles. » Alors qu'il était cantor à Leipzig, Bach composa près de deux cents chorals, œuvres au cœur de l'office luthérien. La cantate de l'office liturgique du dimanche est toujours construite sur le thème d'un choral qui sert de sujet au chœur initial. En effet, la plupart des cantates s'ouvrent sur une partie pour chœur et orchestre, se poursuivent avec une alternance de récitatifs et d'arias pour voix seules et accompagnement et se concluent sur le chant du même choral basé sur un simple hymne luthérien. Il nous reste deux cents cantates d'église alors qu'il aurait, d'après son fils Carl Philipp Emanuel Bach, composé cinq années de cantates pour tous les dimanches et fêtes de l'année, soit cinq cycles.
Dans les Passions, le récitatif représente l'évangéliste et tient donc une place importante dans l'œuvre. Il a un caractère méditatif ou de commentaire. Le texte se fonde sur l'Évangile que retranscrit Bach avec beaucoup de lyrisme. Dans ses Passions, Bach se servait de deux chœurs plus un chœur d'enfants, de deux orchestres et de deux orgues, chaque élément répondant à l'autre. (Voir Passion.)
Ainsi Bach composa 166 chorals, 202 cantates, 2 oratorios de Pâques (1735) et de Noël (1734), les Passions de Saint-Jean (1722) et de Saint-Matthieu (1729), la Messe en si mineur (1732, 1737, 1749), 4 Messes brèves (1735), le Magnificat (1723) et 7 motets (1723-1734).
Musique pour orgue, clavier et orchestre
Bach composa des œuvres pour orgue tout au long de sa vie et fit de nombreuses improvisations sur cet instrument, ce qui lui valut les louanges de Frédéric II à Potsdam. Outre ses 166 chorals, l'œuvre pour orgue comprend 27 Préludes, Fantaisies, Toccatas et Fugues, compositions brillantes qui marquent l'influence qu'exercèrent sur Bach les organistes de l'Allemagne du Nord mais aussi, par la suite, d'Italie. Il composa aussi 6 Concertos, 6 Sonates en trio (1727), une Grande Passacaille en ut mineur (1716) et des pièces diverses.
Son œuvre pour clavier est constituée principalement par le Clavier bien tempéré (1722-1744) qui réunit deux fois 24 Préludes et Fugues et constitue une sorte de « manifeste » de la part de Bach qui joue de la modulation à l'infini. Bach écrivit encore pour le clavier trois recueils de Suites françaises (1722), anglaises (1724-1725) et allemandes (1726-1731), qui portent le titre de Partitas, un Concerto italien (1735), 16 Concertos transcrits d'après Vivaldi (1710), les Variations Goldberg (1742) et des pièces diverses.
Bach écrivit ses œuvres pour orchestre alors qu'il était à Köthen et qu'il disposait d'un orchestre de 17 musiciens. Il écrivit tout d'abord ses quatre Suites pour orchestres ou Ouvertures (1717-1725). Il réalisa une commande du margrave de Brandebourg avec 6 Concertos brandebourgeois (1721). Il composa par la suite 14 Concertos pour un, deux, trois, quatre clavecins et orchestre de 1727 à 1735. Enfin, son œuvre pour orchestre comprend aussi 4 Concertos pour un et deux violons et des concertos divers pour hautbois et violon, flûte, violon et clavecin.
Bach écrivit deux œuvres à la fin de sa vie qui sont la consécration et la synthèse de tout son art, l'Offrande musicale (1747), série de canons et fugues sur un même thème, et l'Art de la fugue (1749), resté inachevé, comprenant une série de 17 fugues, là encore sur un thème unique.
L'œuvre de Bach, dans son ensemble, constitue le fondement de toute la musique occidentale moderne.

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